Les entrelacs géométriques dans l'art islamique

Culture 9 juillet 2026 · 6 min de lecture

Coupoles de mosquées, pages enluminées du Coran, moucharabiehs, marqueterie de bois — l'art islamique s'est développé une identité visuelle immédiatement reconnaissable : des entrelacs géométriques, des étoiles à multiples branches, des motifs qui se répètent et s'enchaînent à l'infini. Ce n'est pas un hasard esthétique, mais le résultat d'une histoire artistique et intellectuelle précise.

Pourquoi la géométrie plutôt que la figuration ?

Dans de nombreux contextes religieux, la représentation figurative — en particulier des êtres vivants — a été évitée dans l'art sacré, par prudence envers l'idolâtrie. Cette réserve a orienté une part importante de la créativité artistique vers trois grandes voies non figuratives : la calligraphie (l'écriture arabe elle-même devenant motif), l'arabesque (motifs végétaux stylisés) et les entrelacs géométriques. Loin d'être une contrainte appauvrissante, cette orientation a donné naissance à des siècles d'innovation mathématique et artistique.

Une base mathématique rigoureuse

Les motifs géométriques islamiques reposent sur des principes de symétrie et de pavage : des formes simples (carrés, triangles, polygones à 6, 8, 10 ou 12 côtés) sont assemblées selon des règles de répétition qui permettent de couvrir une surface à l'infini, sans vide ni chevauchement. Les artisans les construisaient traditionnellement au compas et à la règle, sans calcul algébrique — une prouesse qui préfigure des concepts mathématiques (comme les pavages quasi-périodiques) qui ne seront formalisés en Occident que des siècles plus tard.

Le khatam, une tradition de marqueterie

Parmi les techniques qui expriment ces motifs, le khatam (خاتم) est un art de la marqueterie né en Perse : de fines baguettes de bois, d'os ou de métal, aux sections triangulaires, sont assemblées en faisceaux pour former des motifs géométriques répétitifs, puis tranchées en fines plaques utilisées pour orner des objets, du mobilier ou des boîtes. C'est une déclinaison artisanale précise et minutieuse de ce même principe d'entrelacs géométrique que l'on retrouve, sous d'autres formes, dans l'architecture ou l'enluminure à travers tout le monde musulman.

Un langage visuel toujours vivant

Ces motifs ne sont pas figés dans le passé : ils continuent d'inspirer le design contemporain, de l'architecture au graphisme numérique. C'est cette tradition — sobriété, symétrie, entrelacs — qui a guidé l'identité visuelle d'Islamobile, pensée comme un écho discret à cet héritage plutôt que comme une imitation littérale.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le khatam exactement ?

Un art de la marqueterie né en Perse, où de fines baguettes aux sections triangulaires sont assemblées en faisceaux pour former des motifs géométriques, puis tranchées en plaques décoratives.

Pourquoi l'art islamique évite-t-il les représentations figuratives ?

Par prudence envers l'idolâtrie dans l'art sacré, une réserve qui a orienté la créativité vers la calligraphie, l'arabesque et les entrelacs géométriques.

Ces motifs géométriques ont-ils une base mathématique réelle ?

Oui : ils reposent sur des principes de symétrie et de pavage, construits traditionnellement au compas et à la règle, sans calcul algébrique.

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